Restauration

"La chasse de Diane"
Restaurée en 2003

Histoire de Diane - Avant restauration
La chasse de Diane

Autour de 1700

Dimensions : 277 cm x 159 cm.


Ce fragment d’une tapisserie plus vaste évoque le thème d’une chasse qui se déroule dans un contexte antique ou mythologique au vu de l’habillement et de l’équipement des personnages dont l’un porte une armure. 
A l’avant-plan, un couple est animé par un jeu de regards expressifs et de gestes appuyés. La silhouette féminine vue de dos semble courir et désigne les chiens, des lévriers, qu’un homme cuirassé et pourvu de genouillères s’apprête à attacher en laisse. Cette scène se déroule dans un environnement de sous-bois s’ouvrant sur un paysage lointain plus dégagé. A l’arrière-plan, quatre rabatteurs et chasseurs dont une femme, suivent leurs chiens pourchassant leurs proies, sans doute des renards. L’un sonne du cor. Les bordures végétales et florales qui encadrent latéralement cette tapisserie sont constituées de plusieurs fragments différents, associés sans respecter le sens de la chaîne.

Ce fragment appartient à une tapisserie de plus grande dimension qui semble illustrer ‘la chasse de Diane’, thème fréquemment représenté dans l’iconographie notamment de la tapisserie dans la 2ème moitié du XVIIè siècle et autour des années 1700. L’histoire de Diane et du destin funeste d’Actéon s’inspire des ‘Métamorphoses’ d’Ovide. Une pièce conservée au Musée des Arts décoratifs de Lyon montre un sujet fort approchant par les personnages principaux et surtout l’arrière-plan montrant chasseurs et rabatteurs accompagnés de leurs chiens ; ils poursuivent des renards, dans un cadre de riches végétations et frondaisons. Une autre tapisserie de ce type est conservée à Audenarde (galerie d’art Vanderweën). 
La femme pourrait alors figurer Diane, fille de Jupiter et sœur jumelle d’Apollon, déesse de la chasse et de la lune. A moins qu’il s’agisse d’Actéon en présence de ses chiens, accompagné d’une nymphe, avant sa rencontre fortuite avec Diane occasionnant son destin tragique.

Dépourvu de marque de ville licière ou d’atelier tissée habituellement dans les bordures, rapportées ici, ce fragment pourrait être attribué à Audenarde, centre lissier réputé pour la qualité des pièces produites au XVIIè siècle, connu pour ses verdures, ses sujets mythologiques et bucoliques.


Béatrice Pennant
Historienne de l'art - Responsable du centre de documentation