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TAMAT, Centre de la Tapisserie, des Arts Muraux et des Arts du Tissu de la Fédération Wallonie-Bruxelles…

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L’inauguration du TAMAT, Centre de la Tapisserie, des Arts muraux et des Arts du Tissu de la Fédération Wallonie-Bruxelles remonte à 1980.  Son implantation à Tournai n’est pas anodine :  aux XVème et XVIème siècles, cette « capitale » de la Wallonie picarde fut l’une des principales villes licières du pays avant d’être détrônée par Bruxelles pour des motifs économiques. En 1990, le Musée de la Tapisserie de la Ville de Tournai s’installe dans un hôtel de maître néo-classique. Aujourd’hui, le bâtiment appartient toujours à la Ville, mais le musée, devenu le TAMAT, est géré sous forme d’asbl. Il met tout en œuvre pour valoriser et promouvoir le patrimoine licier ainsi que toute autre forme d’art liée au textile, qu’elle soit plutôt ancienne, plutôt contemporaine. 


Durant de longues années, la tapisserie a été  assujettie à la peinture d’un point de vue formel. Pourtant, elle va renaître après la seconde guerre mondiale. Ce fut notamment le cas en France, grâce à Jean Lurçat par exemple. En Belgique, trois artistes fondent alors le mouvement artistique « Forces Murales » : Louis Deltour, Edmond Dubrunfaut et Roger Somville. Tous sont réunis par « un commun désir de faire sortir l’art des sentiers battus » en pourfendant trois démarches : la revalorisation des techniques murales à portée collective, la création d’un art public exaltant le travail et le labeur des hommes, la synthèse des arts plastiques par la collaboration d’architectes.(1) Lié étroitement à un engagement militant, les créations de « Forces Murales » puisent leur source dans un esprit de fraternité et de démocratie qui n’est pas sans lien avec un cuisant sentiment humaniste.

Parallèle à l’évolution des arts contemporains, les arts de la tapisserie et du textile n’ont cessé de réinterpréter les concepts fondamentaux. Grâce à la créativité des artistes, un véritable décloisonnement fut réalisé. Aujourd’hui, les plasticiens qui puisent dans le textile pour parfaire leur démarche sont d’ailleurs de plus en plus nombreux. 

Enfin, les incontournables Biennales Internationales de la Tapisserie de Lausanne, organisées sans discontinuer de 1962 à 1995, virent l’accomplissement et la reconnaissance de la nouvelle création textile et portèrent aux  cimaises des artistes devenus depuis des figures incontournables : Magdalena Abakanowicz, Sheila Hickx, Lenore Tawney, Pierre Daquin, Aurélia Munoz, Jagoda Buic, Thomas Gleb, Josep Grau-Garriga, pour ne citer qu’eux.

… et aujourd’hui

 Le TAMAT est devenu un musée de renom, abritant des collections de tapisseries et arts textiles qui lui appartiennent ou sont propriété soit de la Fédération Wallonie-Bruxelles, soit la Province de Hainaut ou encore de la Ville de Tournai. Outre conserver celles-ci, le TAMAT a bien d’autres missions : la valorisation, la recherche scientifique, la restauration, la diffusion, la médiation et même la recherche artistique. Ce dernier aspect a depuis toujours été un des fondements de l’institution : huit artistes bénéficient chaque année d’une bourse pour réaliser leurs recherches artistiques. Un atelier leur est mis à disposition et chaque semaine ils peuvent compter sur l’accompagnement professionnel de deux conseillers artistiques. 

La diffusion comprend l’organisation d’expositions, la médiation ambitionne une offre pour et une relation avec tous types de public, et le centre d’études et de recherche est au cœur même de l’activité scientifique du TAMAT. Des nouvelles collaborations et des partenariats avec des institutions similaires peuvent et doivent faire naître des synergies porteuses de projets. Le terreau tournaisien est fertile et les opportunités n’y manquent, mais le musée aspire aussi à des ambitions d’échelles nationale et internationale. 

Une équipe de dix personnes œuvre chaque jour pour faire rayonner les collections et transformer le TAMAT en un véritable lieu de vie. 


(1) Manifeste de Forces Murales 1947