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Le renouveau de la tapisserie au XXè siècle

L'homme couché - Roger Somville - Coll. Province de Hainaut© Bruno Lestarquit

Suite au déclin de la tapisserie dès la fin du 18è siècle, ce n’est qu’au 20è siècle que se manifeste un intérêt ravivé pour l’art de la lisse. Les années 1930 voient se manifester une certaine renaissance de cet art décoratif et monumental, sans pour autant de renouvellement dans les formes et la technique de la lisse. Les collections évoquent cet esprit, au travers de quelques pièces de Rodolphe Strebelle, Léon Navez, Jean Leroy. Tournai devient dans l’immédiat après guerre, le siège de la rénovation de la tapisserie en Belgique.

Trois artistes, Edmond Dubrunfaut, Roger Somville et Louis Deltour, animés d’une même volonté de rendre aux arts muraux, en particulier à l’art de la lisse, toute leur valeur artistique, contribuent à la création du « Centre de Rénovation de la Tapisserie de Tournai » et s’associent en un groupe « Forces murales » (1947 - 1959). Leur démarche se fonde sur un engagement social affirmé : l’art, accessible à tous, évoque l’homme dans ses activités quotidiennes liées au labeur de la terre ou au travail ouvrier, et à ses loisirs traditionnels. Un langage artistique simple (absence de perspective et de dégradés, gamme de tons limitée, traits nets et précis,…) renouant avec la simplicité expressive de la tapisserie du Moyen Age contribue à renforcer le message social et les idées de ces artistes. Une formation de lissiers est organisée à Tournai et, grâce à l’appui du Ministère des Affaires étrangères, les cartonniers fourniront à l’Etat dans les années 1950, plusieurs centaines de mètres carrés de tapisseries destinées à orner les ambassades belges à l’étranger. De cette impulsion, est née en 1981 la Fondation puis Centre de la Tapisserie, des Arts du Tissu et des Arts Muraux dont Edmond Dubrunfaut et Roger Somville furent les promoteurs dynamiques. L’asbl a pris le nom de TAMAT en 2012. 


Les collections évoquent ce renouveau au travers des tapisseries de « Forces murales » et de ses trois artistes, ainsi que de Michel Holyman.Entre 1950 et 1980, de nombreux artistes produisent des cartons de tapisserie suivant un style et une expressivité qui leur est propres. L’art de la lisse oscille entre classicisme de facture et renouvellement dans ses formes et ses moyens d’expression suivant les courants artistiques de l’époque. L’exécution est confiée à des ateliers actifs jusque dans les années 1980 (ateliers Chaudoir, De Saedeleer, De Wit, Braquenié, D.M.W, Taquet…) tandis que certains artistes, la plupart féminins, s’avèrent liciers créateurs de leurs propres projets et cartons.

Les collections présentent ces diverses facettes au travers des œuvres de Liliane Badin, Zéphyr Busine, José Crunelle, Mary Dambiermont, Anne Deglain, Françoise Deltour, Maud Hénon, Marcelle Lacroix-Flagey, Jules Lismonde, Claire et Gustave Marchoul, Julien Van Vlasselaer, etc…